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Vers des lignes directrices sur le jeu à faible risque

​Le jeu est une activité légale, mais qui comporte des risques potentiels pour la santé publique. La plupart des Canadiens qui s’adonnent aux jeux d’argent et de hasard le font sans développer de problèmes, mais il arrive que certaines personnes en subissent des méfaits. Il arrive aussi que ceux qui décident de jouer le fassent en consommant de l’alcool et d’autres substances. C’est donc dans ce contexte que le CCLT travaille à élaborer les premières lignes directrices nationales sur le jeu à faible risque du Canada, pour réduire les méfaits vécus par les Canadiens en raison du jeu.

Le jeu au Canada

  • Selon le rapport Canadian Gambling Digest 2013-2014 (en anglais seulement) préparé par le Conseil du jeu responsable, de 67 % à 87 % des Canadiens s’adonnent à des jeux d’argent et de hasard.

  • Selon ce même rapport, le pourcentage moyen de joueurs à problèmes, d’après les critères de l’Indice canadien du jeu excessif, est de 0,9 %, alors que le pourcentage moyen de joueurs à risque modéré atteint 2,6 %.

Il existe un taux élevé de concomitance entre problèmes de jeu, d’une part, et dépendance à l’alcool et usage problématique de substances, d’autre part :

  • Selon une étude réalisée au Québec, en comparaison avec les joueurs sans problème, à faible risque ou à risque modéré, les joueurs pathologiques probables sont plus susceptibles de prendre de la drogue, d’avoir une consommation problématique d’alcool et d’avoir une dépendance à l’alcool.

  • Selon une étude réalisée aux États-Unis auprès d’un échantillon de répondants recrutés dans des centres de traitement, environ 70 % des personnes affectées par le jeu problématique répondaient aussi aux critères de dépendance à l’alcool.

  • Une récente étude américaine a montré que près d’une personne sur cinq qui consomme de l’alcool de manière abusive ou qui a une dépendance à l’alcool est également affectée par un problème de jeu.

  • Selon cette même étude, le tiers des consommateurs de cannabis rapportent un problème de jeu. À noter que la proportion de personnes aux prises avec un problème de jeu dans l’échantillon total est inférieure à une personne sur vingt.

Créer des lignes directrices sur le jeu à faible risque

Le CCLT reconnaît le besoin d’adopter des lignes directrices factuelles qui aideront les Canadiens à prendre des décisions éclairées et responsables par rapport à leurs habitudes de jeu, et ainsi à éviter que ces habitudes ne leur causent des méfaits. On sait que les personnes qui s’adonnent aux jeux d’argent et de hasard consomment aussi souvent de l’alcool et d’autres substances, mais peu d’initiatives éducatives et stratégiques axées sur la prévention du jeu problématique prennent en compte la fréquente cooccurrence de ces comportements.

C’est la fondation québécoise Mise sur toi qui finance les lignes directrices, et c’est le CCLT qui est chargé de les élaborer en réponse à une seule question cruciale : Quelles sont les limites de jeu susceptibles de prévenir et de réduire les méfaits liés au jeu et à la consommation de substances?

Pour élaborer les lignes directrices, le CCLT devra se pencher sur certaines questions :

  • À quel moment l’implication dans le jeu (c.-à-d. la fréquence, les dépenses, la durée) fait-elle augmenter le risque de méfaits?

  • Est-ce que s’adonner à des jeux d’argent et de hasard tout en consommant de l’alcool ou d’autres substances fait augmenter ce risque?

  • Quels autres facteurs de risque, comme les caractéristiques individuelles, jouent un rôle dans ce risque?

Au terme de ce projet de quatre ans, le CCLT publiera un rapport technique qui servira à concevoir des campagnes de sensibilisation ainsi que des programmes de renforcement des capacités et de formation du personnel. Ces campagnes et programmes chercheront à prévenir et à réduire les méfaits liés au jeu. Les lignes directrices pourraient aussi s’appliquer à d’autres pays.